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Histoire de Saint-Maximin
LA PRÉHISTOIRE
La préhistoire de Saint-Maximin est encore mal connue, bien que des traces des hommes du Paléolithique aient été repérées au bord de la plaine. Dès le Néolithique, les traces deviennent abondantes, puisque les populations se fixent et se multiplient. L'apparition de l'élevage, de l'agriculture, de la poterie, puis de la métallurgie se traduisent à Saint-Maximin par une occupation de l'ensemble de la plaine. Vers la fin de l'âge du fer, les populations semblent s'être stabilisées.
Ces peuplades celto-ligures ont des soucis de protection puisqu'elles construisent des places fortes, les "Oppida", sur des sommets faciles à isoler : le Défend et le Mont Aurélien. La Romanisation de Saint-Maximin a commencé par des échanges commerciaux avec des négociants de la République de Marseille. Ces derniers firent appel aux Romains pour combattre les pirates ligures et par la même occasion les tribus qui contrôlaient l'arrière pays.
ÉPOQUE GALLO-ROMAINE
Des cabanes de pierres celto-ligures naîtront de luxueuses "villae" et de grands ensembles agricoles disposés par les Romains tout autour de la plaine. Nous trouvons des vestiges de ces monuments à Meironne, à Verdagne, à Recours, à Sceaux et sous l'actuel centre ville de Saint-Maximin. Au Sud de la ville, la voie Aurélienne longeait les contreforts du Mont Aurélien et on y a découvert une borne milliaire aujourd'hui exposée dans l'ancien Couvent Royal. Après les invasions barbares et la chute de l'empire romain, notre région est livrée aux troubles et à l'incertitude. Dominée par les Wisigoths de religion arienne, la Provence passe ensuite sous la domination mérovingienne de Gontrand puis dans le royaume franc de Carleman. De l'occupation romaine nous reste le nom d'un établissement dont les vestiges sont peut être sous la place Malherbe : VILLA LATA.
MOYEN-AGE
L'histoire écrite de Saint-Maximin commence en l'an mil. L'abbaye marseillaise de Saint Victor y a des possessions. Quatre églises marquent ces possessions : SAINT-MAXIMIN, SAINT-JEAN, SAINT-MITRE, SAINTE-MARIE. L'église romane de Saint-Maximin est paroissiale et sera démolie au cours de la phase finale de construction de la Basilique. Au XIIème siècle, Raymond Bérenger 1er, Comte Catalan de Provence érige Saint-Maximin en ville comtale dépendant uniquement de lui et tirant ses armes de celle de la Maison de Barcelone.
En 1246, après la mort du Comte Catalan Raymond Bérenger IV, la Provence revient à sa fille cadette qui a épousé Charles 1er d'Anjou, frère de Louis IX de France - Saint Louis-. Saint-Maximin passe alors sous la tutelle des capétiens d'Anjou. Charles 1er aura bien du mal à s'imposer face à l'opposition dirigée par la Maison des Baux, aussi après avoir jeté son dévolu sur les ports méditerranéens, il est possible d'embarquer facilement pour les croisades en Terre Sainte, mais aussi pour l'Italie. Les nombreuses et coûteuses guerres n'assureront pas des possessions très stables. Aussi, son fils, Charles II va renforcer sa position provençale et il choisit Saint-Maximin où il vient de faire l'invention des Reliques de Sainte Marie-Madeleine. Il décide avec le pape Boniface VIII d'édifier une basilique et un couvent. Le Pape autorise l'établissement des frères prêcheurs dominicains en remplacement des Bénédictins.
Charles II d'Anjou va également faire édifier de nouveaux remparts qui seront achevés dès 1306. En France, Philippe IV le Bel a besoin d'argent et va tout particulièrement persécuter les juifs qui, dès 1303, viendront s'établir en Provence, attirés par les prodigalités commerciales de Charles II d'Anjou et fonderont une importante communauté à Saint-Maximin.
En 1348, la Provence est marquée par la grande peste qui tua plus de la moitié de la population et en 1357, les troupes d'Arnault de Servole envahissent Saint-Maximin et détruisent une partie des remparts.
En 1481, après le règne du Roi René son neveu Charles du Maine lègue ses biens au Roi de France. La Provence entre définitivement dans le domaine royal de Louis XI.
XVII - XIXième siècles
Au XVIIème siècle Saint-Maximin devient une bourgade prospère partagée entre l'agriculture et les retombées du pélerinage à Sainte Marie-Madeleine, patronne de la Provence, qui fut l'un des plus importants d'Europe.
Durant tout le XVIIème et XVIIIème siècle, on verra la construction d'un bon nombre d'hôtels particuliers dans les rues principales.
Un peu avant la révolution, Saint-Maximin va sortir de ses murs : un nouveau cimetière hors de la ville est ouvert en 1776, les industriels et les hôteliers construisent aux abords des grandes voies de circulation. La révolution passe à Saint-Maximin dans un calme relatif grâce à Lucien BONAPARTE qui anime le club des révolutionnaires.
Ce n'est qu'au XIXème siècle que les remparts seront abattus, la fontaine monumentale érigée, et que Saint-Maximin prendra l'aspect que nous lui connaissons aujourd'hui. 
Patrimoine de Saint-Maximin
1- COUVENT ROYAL
D'emblée la construction du couvent déroge au droit constitutionnel de l'ordre des prêcheurs. La fondation en a été décidée et même commencée, à l'insu de l'ordre, par Charles II d'Anjou et le pape Boniface VIII.
En 1295, une communauté de religieux s'installe à Saint-Maximin et à la Sainte Baume. Dès lors, les bâtiments monastiques furent commencés parallèlement à la construction de la Basilique. Plusieurs grands privilèges ont été accordés au prieur et religieux du couvent de Saint-Maximin. Ces privilèges vont être renforcés et complétés au fil des siècles. De ce fait, à Saint-Maximin la fonction de prieur est profondément transformée par les fonctions religieuses et civiles qui lui incombent. D'autre part, le régime économique de la pauvreté mendiante fut supprimé par Charles II. Les prêcheurs de Saint-Maximin ne vivaient pas de quête mais de revenus que leur procurait le Roi.
Tous les Comtes de Provence et par la suite les Rois de France se montrèrent toujours très généreux envers ce couvent de fondation royale.
C'est dans un cadre prestigieux, empreint de sérénité, que se trouve le cloître dont les travées sont entourées de bâtiments conventuels. La structure du cloître présente le gothique dans sa plus rigoureuse simplicité. Ses proportions s'harmonisent avec les édifices qui les entourent. Au centre, un merveilleux jardin bordé de haies et de cèdres majestueux dans lequel se trouve, à l'angle Nord-Est, un puits construit au XIVème siècle et dont la margelle date du XVIIème siècle.
Suite à l'abside de l'église, l'aile Est est construite à la fin du XIIIème siècle et se compose de 3 salles : sacristie, salle du chapitre et chauffoir. Les voûtes sont très élégantes et élancées. Selon l'usage général des constructions monastiques la salle du chapitre, où se réunissait l'assemblée des religieux, est la plus ornementée pour la distinguer des autres ; c'est aussi, ici, la plus ouvragée de l'édifice. Le Chauffoir qui servait à l'entrepôt des provisions était la seule salle chauffée de l'édifice.
Au XVIIème siècle, furent creusées les caves auxquelles on accède à partir du chauffoir.
L'aile Nord construite au XIVème siècle renfermait les réfectoires. En 1316, les 2 ailes principales étant achevées, les dominicains prirent possession de leur nouvelle demeure qui prit le nom de couvent Sainte Marie-Madeleine.
C'est au XVIIème siècle qu'elle fut transformée en 3 parties. A l'ouest la chapelle particulière, à l'Est le réfectoire et entre les deux l'atrium. Les voûtes de cette aile Nord sont sobres et autrefois les clés étaient décorées de blasons des princes bienfaiteurs du couvent. Les fenêtres ont la même forme ogivale et les mêmes décorations que celles des bas-côtés de la basilique.
A la révolution, cette partie fut transformée en salle de réunion et de spectacle qui a vu Lucien BONAPARTE faire ses débuts oratoires. La chapelle comprend 70 stalles en bois de forme gothique ainsi qu'une belle chaire de lecture creusée dans le mur et parfaitement conservée.
L'aile Ouest, édifiée au XVème siècle, fut démolie en 1796 et reconstruite sous sa forme actuelle par le Père LACORDAIRE vers 1860. De ce fait, son architecture est différente de celle de l'ensemble du monument. C'est également au XVème siècle, que sera rajouté à tous les bâtiments un étage supplémentaire et que la communauté de religieux s'agrandira.
Au XVIIème siècle les cellules des étages seront agrandies et transformées. C'est en 1957 que les dominicains quittèrent le couvent.
2 - COLLÈGE DU ROI RENE
Fondé en 1476 par René d'Anjou, Comte de Provence, Roi de Naples et de Jérusalem pour le haut enseignement des jeunes religieux, il permit de donner plus d'éclat au Couvent grâce à l'étude de la philosophie et des arts libéraux, du droit canon et de la théologie.
Au XVIème siècle, afin de poursuivre la réforme de l'ordre des dominicains par le prieur St Maximinois Abellon, la ville obtint que le couvent soit ouvert aux laïcs et à l'ens eignement général. En outre, tous les cours furent ouverts aux enfants de la ville gratuitement, le collège accueillait également les étudiants laïques en pension. Le collège qui s'étalait autour de l'actuelle place Jean Salusse, fut vendu à la révolution, et après avoir abrité le Conseil Municipal, il sera détruit en 1836.
3 - HÔTEL DE VILLE
C'est l'architecte de la cour, Jean-Baptiste FRANQUE qui dessine les plans d'une nouvelle hôtellerie en remplacement d'un édifice vétuste. Les travaux de construction débutent en 1750 : le couvent, qui reçoit beaucoup de pèlerins, désire y loger les nombreux princes et hôtes de marque qui viennent vénérer les reliques de Sainte Marie-Madeleine.
Vendu comme bien national à la Révolution, il fut acheté par la communauté de la ville, l'immeuble abrite aujourd'hui la mairie.
4 - BASILIQUE
C'est le plus grand édifice gothique du Sud-Est de la France. Cette basilique acclimate le gothique en Provence.
Sa construction a été décidée par Charles II d'Anjou, Comte de Provence, Roi de Naples et de Sicile suite à l'Invention des Reliques de Sainte Marie-Madeleine, et dura environ 3 siècles. Charles II d'Anjou choisit, pour la construction de celle-ci, un architecte français spécialisé dans l'art gothique : Maître Pierre qui fera les plans et commencera la construction.
C'est en 1295 que démarrent les travaux de construction. Charles II d'Anjou veut une grande église pour que puissent se faire des pèlerinages en l'honneur de Sainte Marie-Madeleine dont les reliques se trouvent dans la crypte. Ce fût d'ailleurs l'un des plus importants d'Europe. Avec l'accord du pape Boniface VIII les frères prêcheurs dominicains vont s'installer dans les lieux.
Au début du XVIème siècle, les travaux de construction seront arrêtés. La Basilique reste inachevée, le portail de l'entrée principale est manquant et le clocher n'a jamais été édifié. Différents architectes ont travaillé sur cet édifice sans toutefois en perturber l'unité.
La Basilique se compose d'une abside plus 2 absidioles, d'une grande nef et 16 chapelles. Ses dimensions sont bien supérieures aux habituelles églises dominicaines de la région : Longueur : 73 m Largeur : 37 m Hauteur : 29 m
La crypte
Elle est le coeur et lieu saint de la Basilique où ont été déposés les restes de nos saints provençaux. Ancien monument funéraire gallo-romain du IVème siècle, elle renferme 4 beaux sarcophages en marbre, décorés de scènes de la religion chrétienne, et la châsse contenant les reliques de Sainte Marie-Madeleine.
* Sarcophage de Sainte Marie-Madeleine
Il occupe le fond de la pièce. Datant du Vème siècle, il est fait dans un marbre cristallin venant de Turquie.
* Sarcophage de Saint Maximin
Il occupe la 2ème position à gauche. Datant du IVème siècle son couvercle comporte des scènes évidentes de la nativité et du massacre des Saints-Innocents.
* Sarcophage des Saintes Marcelle et Suzanne
Il occupe la 1ère position à gauche. Datant du IVème siècle, il est le plus classique. Le couvercle appartient à un autre sarcophage, il est trop étroit et présente des scènes avec des tritons et des dauphins.
* Sarcophage de Saint Sidoine
Il occupe la partie droite. Également du IVème siècle, celui-ci possède une cuve double rectangulaire d'un côté et semi-circulaire de l'autre. Le couvercle, plus grand que les autres, présente une fenestella.
* La Châsse
Dans la niche au fond. Celle-ci dessinée par Revoil date du XIXème siècle et représente 4 anges élevant le Chef de Sainte Marie-Madeleine. Dans un tube de cristal sous le Chef se trouve le "Noli me tangere".
Retable de la Passion
Situé dans l'absidiole Nord, à gauche du Choeur. Peinture sur bois du XVIème siècle, oeuvre d' Antoine ROZEN composée de 16 médaillons figurant la passion du Christ avec au centre la crucifixion. Sur l'autel le grand tableau représente la Mise au Tombeau.
L'Abside
Décorée au XVIIème siècle, contre les fenêtres, LA GLOIRE : oeuvre du sculpteur LIEUTAUD représentant des anges qui entourent la Sainte Trinité. Le retable et le Maître Autel sont en marbre du pays, et les côtés latéraux sont décorés de revêtement en stuc.
Le Choeur Sculpté au XVIIème siècle dans du bois de noyer par le Frère Vincent FUNEL et Jean-Baptiste OLERI. Ces boiseries se composent de 94 stalles, 22 médaillons représentant la vie des dominicains, et plusieurs anges sur le pourtour ainsi qu'un grand crucifix en dessus de la porte principale.
La Chaire Sculptée au XVIIIème siècle par le Frère Louis GUDET dans du bois de noyer. La rampe est sculptée en un seul bloc, sur la balustrade 7 médaillons représentent des scènes de la vie de Sainte Marie-Madeleine.
Les Orgues
Construit au XVIIIème siècle par le Frère Jean-Esprit ISNARD, il se compose d'un double buffet, 4 claviers, 43 jeux et 2962 tuyaux. Il fut sauvé, à la révolution, par Lucien BONAPARTE qui y fit jouer la "Marseillaise."
Les Chapelles
La plupart meublées au XVIIIème siècle, elles servaient d' "autel privilégié." L'une des plus intéressantes étant la 2ème chapelle Sud (à droite en entrant) celle où se trouve la Vierge Blanche de Gènes (XVIIème siècle) et le Retable du Bienheureux André ABELLON ( XVème siècle) situé sur les côtés.
5 - LES REMPARTS DE BARBOULIN
A la fin du XIIIème siècle, une vaste enceinte fortifiée ceinture la ville nouvelle voulue par Charles II d'Anjou. Elle englobe une première muraille plus restreinte qui existait déjà au XIIème siècle. Jusqu'au siècle dernier, la ville était ceinturée de murailles qui surplombaient des fossés ; ces derniers faisaient partie des "régales", propriété des Comtes de Provence.
Dans leur dernier état ces remparts comportaient 19 tours et 5 portes détruits au XIXème siècle il n'en subsiste aujourd'hui que cette portion et une tour carrée à l'angle nord-est du couvent. Les premiers éléments de fortification dateraient du bas-empire romain, mais c'est en 1306, sous Charles II d'Anjou, que les remparts adoptent leur tracé définitif.
Détruits lors du sac de la ville en 1357, les remparts sont reconstruits durant tout le XIVème siècle et consolidés au XVème et XVIème siècles, après le siège mis par Charles de Bourbon et les Impériaux, alliés de Charles Quint, venus revendiquer le titre de Roi d'Arles, puis, durant les guerres de religion, par les ligueurs. La résistance de ses habitants vaudra à la ville d'ajouter une fleur de lys à son écu.
6 - FENÊTRE RENAISSANCE
Il ne reste de cette demeure du XVIème siècle qu'une belle fenêtre à meneaux d'angle. Cette architecture exceptionnelle jouait un rôle identique à celui des échauguettes, permettant, à l'abri derrière de petits vitraux, de surveiller les allées et venues dans la rue. La ville de Saint Maximin en comptait, parait-il, de nombreuses.
7 - COUVENT DES DOMINICAINES DE BARBOULIN
Ce monastère de Sainte Catherine de Sienne a été fondé en 1645. Les soeurs dominicaines l'ont occupé jusqu'à la révolution : les bâtiments conventuels et une chapelle bordaient un cloître. Après 1791, le couvent devenu bien national fut divisé en habitations.
8 - HÔTEL DIEU
En 1681 est bâti l'hôtel-Dieu à l'emplacement d'un immeuble acquis par le sculpteur Antoine Balthazar Maunier.
L'hôpital couvre également l'emplacement d'une maison achetée à Joseph Brun «ezacteur de tailles" et d'une ruelle, reste d'une voie ouverte sous Charles II partant de l'église et aboutissant à une croix en pierre au sud de la ville.
Ce n'est qu'à partir du XVIIIème siècle, que l'hôtel-Dieu portera le nom d'hôpital Saint Jacques : il comprend une chapelle où est dite la messe. L'hôpital est géré par des recteurs élus et entretien un personnel important : médecins, chirurgiens, apothicaires, gardiens ... On y soigne les malades mais on y recueille aussi les orphelins. Tout à côté se trouvait la Chapelle des Pénitents bleus qui étaient chargés d'inhumer les restes des suppliciés.
9 - JUIVERIE MEDIEVALE DES ARCADES
La tradition désigne la place des arcades comme le coeur de la "jutarié", le quartier juif médiéval.
Chassés de France, dépouillés par Philippe le Bel et attirés en Provence par les prodigalités commerciales de Charles II d'Anjou, certains juifs s'établissent à Saint-Maximin à partir de 1303. En 1330, ils obtiennent le droit d'avoir une synagogue et une école, en 1335, ils seront autorisés à agrandir leur cimetière.
Les bâtiments primitifs datent du XIIIème siècle : on peut encore y voir deux beaux linteaux de porte monolithiques.
Vers 1320, des arcades pour la plupart gothiques sont construites puis les façades des étages sont reconstruites par dessus ces arcades qui s'avancent sur la rue. Cet empiétement sur la voie publique risquant de gêner la défense des villes, il fut ordonné de détruire les arcades des villes fortifiées dans toute la Provence. Celles de Saint-Maximin furent épargnées par un privilège du Roi Robert en 1323. Lucien Bonaparte, avec son épouse saint maximinoise, Christine Boyer, demeura dans la maison d'en face.
10 - MUSÉE LOUIS ROSTAN
Aujourd'hui cette bâtisse abrite le musée d'histoire régionale et le dépôt du service régional de l'archéologie, mais le bâtiment primitif était une vaste citerne voûtée, isolée entre le rempart sud et les arcades. A la fin du XIVème siècle la citerne est réaménagée et surmontée d'étages.
Au tout début du règne de Louis XIV, vers 1645, un bâtiment nouveau est construit contre la façade nord de la citerne et cette dernière est séparée en deux cellules où sont encore enchaînés les prisonniers qui attendent un jugement. C'est le nouveau Palais de Justice, qui vient en remplacement de la Cour Royale. Après être tombé en désuétude le Palais de Justice reste à la commune et abritera les employés municipaux, et entre autre, le corbillard. La façade Nord a été restaurée au siècle dernier.
11 - HALLE DE LA BOUCHERIE
Comme toutes les bourgades commerçantes du Moyen-Age, Saint-Maximin possédait des halles sous lesquelles producteurs, et artisans de l'alimentation tenaient un étal. De ces halles, sans doute plus importantes, il ne reste qu'un porche qui ouvre au Nord sur deux arcs en plein cintre et au Sud sur une ogive, d'autres ogives sont masquées par les maisons. Élevées fin du XIIIème/ début du XIVème siècle, les halles étaient réservées à la boucherie et participaient aux revenus de la communauté.
12 - CONFRERIE DES GRANDS CIERGES
La chapelle de la confrérie de Notre Dame d'Espérance et de Miséricorde s'installe dès le XIVème siècle à l'angle du cimetière qui borde la basilique. Elle serait construite sur les restes du prieuré bénédictin qui précéda le couvent des dominicains. A l'intérieur du bâtiment se trouvait une chapelle, une maison de réunion et un four destiné à cuire le pain, offert gratuitement par la confrérie le jour de l'Ascension et à l'occasion des disettes.
La confrérie se vouait aux pauvres qu'elle secourait ou ensevelissait gratuitement. Par contre, les riches versaient pour leur enterrement une rétribution proportionnelle au nombre de cierges qui honorait leur convoi funéraire. A l'occasion, cette confrérie dotait les filles pauvres et vertueuses. Cette confrérie charitable subsista jusqu'à la révolution.
13 - LA COUR ROYALE
Ce bâtiment, actuellement divisé, comportait 2 étages percés chacun de 3 grandes baies ogivales lors de l'élargissement de la rue en 1300. C'est la Cour Royale qui administrait Saint-Maximin durant tout le moyen-âge, pour les comtes de Provence de la maison catalane d'abord, pour ceux de la maison d'Anjou ensuite et enfin pour le roi de France. Le bâtiment était sans doute situé à l'intérieur des remparts primitifs du "castrum" de Saint-Maximin.
Le "castrum" marque du pouvoir administratif, faisait suite à celui de Redonas dont dépendait la bourgade primitive de Saint-Maximin : ce dernier était tombé en désuétude au XIIème siècle, alors Raymond Bérenger 1er, comte de Provence, érigeait Saint-Maximin en ville parfaite ne dépendant que du domaine comtal.
14 - L'ÉCHAUGUETTE
C'est au quartier des "quatre cantons" que s'élève l'hôtel des Puget de Saint Marc : l'un d'eux Raymond de Puget fit élever en 846 le Saint Pilon pour marquer le croisement entre l'antique voie Aurélienne et la route qui conduisait à la grotte de Sainte Marie-Madeleine. Cet hôtel particulier date soit des années qui suivent 1432, soit du tout début du XVIème siècle : à une architecture déjà "renaissance" se mêlent encore des éléments gothiques ; l'échauguette permettait de faire le guet. Saint-Maximin comptait de nombreuses maisons : il n'en reste que cette dernière qui ait résisté aux siècles et surtout à la modernisation. L'échauguette permettait de suivre la vie du quartier des "quatre cantouns" qui fut longtemps le centre de la ville où se rencontraient visiteurs, pèlerins et habitants.
15 - LA TOUR DE L'HORLOGE
En 1476, le Roi René fait édifier un beffroi, la tour de l'horloge, dont la cloche annonçait les guerres et les calamités mais réglait aussi l'heure du départ et du retour des gens du travail. La cloche qui fait partie des plus anciennes du Var, est dédicacée à la Vierge, Mère de Dieu, au Christ en Croix, à la Ste Croix et à Saint Michel. Dans sa dédicace une inscription suppliant d'épargner les femmes et les enfants marque un profond désir d'humanité après les atrocités du moyen-âge. Cette cloche porte également, en lettre gothique et en provençal, la mention : "La campana dal reloge de la vilo de San Maximin."
16 - LA CHAPELLE DES PÉNITENTS BLANCS
Aujourd'hui divisée en habitations, il ne reste de la chapelle que son portail au-devant du puits de la "casette." Tout à côté se trouvait une des glacières de la ville que l'on approvisionnait en blocs de glace descendus la nuit de la Sainte Baume.
17 - CONFRÉRIE DU SAINT ESPRIT
La confrérie du Saint-Esprit apparaît à Saint-Maximin vers 1364. Elle a donné au quartier dans lequel elle était établie le nom du puits et rue Saint-Esprit. Établie à proximité de l'hôpital, lui-même situé hors des murs de l'agglomération primitive, cette confrérie semble attachée durant le moyen-âge à la construction et le gestion des hôpitaux. En 1521, les corporations du bâtiment crééront le " luminaire " du Saint-Esprit qui ne possédait pas de chapelle mais disposait d'un bâtiment donnant sur le puits. Le puits de Saint-Esprit, de construction typiquement médiévale avec ses arases de moellons réguliers, est à l'origine du dicton : "San Meissemin longo carriero, aigo de pous, femo parliero" qui en dit long sur le temps mis par les femmes à puiser l'eau et sur la propagation rapide des nouvelles.
LE CULTE DES SAINTS LAZARE ET SES SOEURS
* LAZARE
ressuscité par le Christ
* MARTHE
l'hémorroïsse dont la guérison est figurée sur le sarcophage dit de Saint Sidoine
* MARIE-MADELEINE
( alias Marie de Magdala, alias Marie de Béthanie ), la pécheresse
* MARIE JACOBÉ
soeur de Marie mère de Jésus
* MARIE SALOMÉ
mère des apôtres Jacques le Majeur et Jean
* SIDOINE
l'aveugle né, dont la guérison est figurée sur la face du sarcophage dit de Saint Sidoine
* MAXIMIN
un des 72 disciples du Christ
* SARA
servante noire des deux Marie
* MARCELLE
serait la suivante de Sainte Marthe dont elle aurait écrit l'histoire.
* SUZANNE
est une martyre romaine qui fut décapitée au IVème siècle, ou SUZANNE de l'ancien testament qui symbolise l'Église persécutée.
D'après la légende, tous ces proches du Christ furent mis dans une barque sans agrès et livrés à la fureur des flots. Guidés par la providence ils abordent sur la Plage des Saintes Maries de la Mer. Après avoir construit un oratoire à la vierge, ils se séparent :
- Marie Jacobé, Marie Salomé et Sara restent en place et après leur mort elles feront l'objet de la vénération populaire et surtout, d'un important pèlerinage qui réunit chaque année de très nombreux gitans, tsiganes et autres bohémiens qui vouent à Sainte Sara un culte particulier.
- Marthe, après avoir vaincu la Tarasque, évangélisera Tarascon.
- Maximin et Sidoine vont apporter la Bonne Parole à Aix en Provence, dont Saint Maximin sera le 1er Évêque.
- Lazare sera l'apôtre de Marseille.
- Madeleine se retire dans une grotte de la Sainte Baume, et après une vie érémitique de pénitence, les anges la transportent à Saint-Maximin où elle vient finir ses jours et être enterrée. 
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