Calendrier         Patrimoine        Expositions        Festivals         Annuaire       Liens utiles        Associations      Entreprises      petites annonces

Villages du Haut-Var


 
 
 

  Villages du Haut-Var

Esparron de Pallières
Saint-Martin de Pallières
Ginasservis
Saint-Julien le Montagnier
La Verdière

 

Château de Saint-Martin de Pallières
 
         
 
  Sites web

Haut-Var.com
   
                 
 
  Bibliographie
       
     
         

Esparron de Pallières

184 habitants.

Esparron suit un schéma classique repéré pour de nombreux villages provençaux.
La présence humaine est attestée dès l'époque préhistorique dans la vallée de Vances. Divers camps celto-ligures couronnaient les collines avoisinantes : au Montmajour, à Artigues ainsi que sur la commune de Saint-Martin.

Vient la colonisation romaine. La vallée de Vances se trouve à proximité de la voie reliant Aix en Provence à Riez.
Une villa s'installe alors aux abords du site actuel de la chapelle du Revest.
La chapelle renferme deux inscriptions des premiers siècles après J.C. Sur le site de la villa est créé un monastère. Ce monastère est dévasté par les païens disent les textes du XIème siècle. Il s'agit sans doute des invasions sarrasines.

Autour de l'an mil, il est reconstruit, au moment de la libération de la Provence du joug maure. On assiste à cette époque à un profond mouvement de création de points forts, de refuges sur les hauteurs. La première mention du " castrum de Sparrone " date de 1025.
Esparron est alors partagé en deux seigneuries :
- un fief ecclésiastique autour du monastère Notre Dame, appartenant à Saint Victor de Marseille.
- une seigneurie laïque appartenant à Geoffroy de Rians et à son frère Hugues des Baux.
Au cours du XIème siècle, le monastère reçoit un certain nombre de donations qui sont parfois des redditions. On a en effet, bien du mal à libérer l'Eglise de la tutelle des laïcs.

En 1177, pour conforter leur seigneurie qui représente environ le tiers des terres arables, les moines font venir les habitants du Revest, une villa située entre Esparron et Rians. Une seconde communauté d'habitants est de ce fait fondée à Esparron aux côtés du castrum. Les textes la mentionnent sous le nom de " Bastida Sparroni ".
C'est l'époque d'émergence des bastides, habitats groupés intercalaires. De la même époque date la création de la Bastide du Prévôt sur le territoire de Barjols et celle de la Bastide de Pontevès sur celui de Pontevès.

Cette région est très fortement atteinte par la Grande Peste de 1348. Le Val de Rians perd entre 50 et 30% de sa population. Les chiffres avoisinent 40% pour les petites unités humaines. Le Revest disparaît peu après.

Dans le premier quart du XVème siècle, l'église est en ruine et désaffectée ; le lieu est depuis inhabité. Esparron a ressenti également durement le choc. En 1471, on ne comptait plus que 70 habitants.
Mais la reprise démographique ne tarde pas à se faire jour. Et elle est fulgurante puisqu'on compte près de 400 habitants en 1518. Les transactions répétées entre seigneurs et communauté en attestent. Il faut régler les conflits d'utilisation de l'espace. Car, avec la dépopulation, les seigneurs ont développé considérablement l'élevage ovin, profitant des terres abandonnées.
Esparron et les villages alentour sont des lieux d'hivernage d'importants troupeaux. On dénombre plus de 7000 têtes regroupées à Esparron en 1425. Avec le retour des hommes, les besoins en terre augmentent. L'Eglise paroissiale est trop petite, en mauvais état. On pense en 1546 à l'agrandir
Au début du XIème siècle, nous connaissons Geoffroy de Rians et Hugues des Baux. Puis le fief passe à la famille des Vicomtes d'Esparron, alliée à celle des Vicomtes de Marseille.

Au XIVème siècle, elle est possédée par moitié par les Vicomtes et par les Esparron. La moitié des Esparron passe aux Esclapon en 1367 puis aux Arcussia en 1466. L'autre moitié est, après transmission par mariage et par vente, rachetée par Charles d'Arcussia à ses différents propriétaires dans les années 1610. Les Arcussia rachètent la seigneurie ecclésiastique au Chapitre de Grignan en 1673.

La famille d'Arcussia conserve Esparron de 1466 à 1758. Originaire du royaume de Naples, ses membres remplirent de hautes fonctions. Un des leurs commande la flotte de Frédéric Barberousse. François et son fils Jacques sont successivement secrétaires de la reine Jeanne qui pour les remercier donne à Jacques la terre de Tourves.
Son fils Jean épouse en 1377 une nièce de Saint Elzéar.
Vers 1547 naît Charles d'Arcussia. Il fut 1er Consul d'Aix et procureur-né du Pays de Provence en 1596 et 1619.
Député de la ville d'Aix aux Etats de Provence en 1597.
Grand amateur de chasse au faucon, il laissa trois principaux ouvrages sur la fauconnerie :
- Le premier, dédié à Henri IV en 1598 et dont les éditions suivantes seront dédiées à Louis XIII qui nomma Charles d'Arcussia, Gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi. C'est la partie technique.
- Le deuxième, dédié à Monseigneur du Vair, Garde des Sceaux, contient la Conférence des Fauconniers ou récits de chasse.
- Le troisième, écrit à la fin des ses jours sous forme de lettres pleines de considérations morales et de sentiments chrétiens.
Charles d ' Arcussia était particulièrement compétent pour la chasse au Faucon, il y avait un autre art où il excellait. En effet de son mariage avec Marguerite de Forbin naquirent quinze garçons et sept filles. On ne peut pas conclure sur Charles d'Arcussia sans citer son rôle dans la journée d'Esparron en 1591.

Nous sommes en pleine Guerre de Religion. Sans entrer dans le détail des opérations, il faut souligner qu'il aida fortement les troupes royales à prendre Esparron tombé aux mains des Ligueurs qui ne voulaient pas reconnaître pour Roi Henri IV non encore converti. Les générations de d'Arcussia se succèdent jusqu'au dernier du nom : Charles Joseph qui vend en 1758 la terre d'Esparron à Jospeh François de Lordonné pour la somme de 300000 livres ( à savoir qu'une journée de manoeuvre coûtait 1 livre). 68000 livres sont payées comptant. 102000 livres sont données sous forme de trois capitaux à rente de 5% sur les Etats de Provence. Les 130000 restantes ne seront versées qu'après le décès du vendeur et de sa femme. Seuls les intérêts seront perçus entre temps. Avec les Lordonné, c'est une famille de juristes qui entre à Esparron. Une famille apparentée à des membres de la Cour des Comptes puis à des membres du Parlement d'Aix. Par son mariage avec Angélique de Vacon, la soeur de l'évêque d'Apt, Joseph François de Lordonné devient en effet gendre, neveu, cousin et beau-frère de Conseillers aux Comptes.
A la génération suivante, Louis François est Conseiller à la Cour des Comptes en 1750. Et Catherine, sa soeur, épouse Pierre Symphorien Pazéry de Thorame, Conseiller au Parlement, seigneur de Pourcieux qui reconstruisit le château de Pourcieux. Jospeh Hilarion de Lordoné, petit-fils de l'acquéreur d'Esparron, quant à lui, entre au Parlement en 1781.

C'est donc une famille de noblesse de robe qui vit à Esparron à la fin du XVIIIème siècle. Les 1200 hectares que représentaient la seigneurie, le château, les diverses bastides ont donc coûté aux Lordoné 300000 livres. Il est difficile de préciser d'où provient une pareille somme. Il semble que les Lordoné aient recueillis une partie de la succession des Cymon. Egalement une partie de celle des Vacon. Deux familles sont la branche apparentée aux Lordoné tombe en quenouille vers 1750-1760. Les Vacon étaient propriétaires d'un clos à Marseille qui deviendra la rue Vacon. Peut-être les Lordoné ont-ils réalisé une partie de ces biens.

En tous cas, si la situation financière des Lordoné paraît confortable au moment de l'achat d'Esparron, elle va s'améliorer encore par le mariage de Louis François Antoine avec Thérèse Madeleine Allègre. Fille d'un négociant Marseillais, elle lui apporte une dot de 151 000 livres, somme très importante si on la compare aux dots données dans de nombreuses autres familles de la noblesse provençale. Les Lordoné n'ont pas seulement acquis Esparron. Ils y ont fait d'importants aménagements. C'est eux qui ont construit l'aile principale, ou tout du moins, l'ont complètement réaménagée au goût du jour en partant de l'infrastructure du vieux château.

Ce vieux château aux allures de forteresse, mal connu, qui aux époques de troubles accroît sa capacité de défense, tel vers 1374, moment où la communauté des habitants propose de contribuer pour les 2/3 à la construction de deux tours, en échange du refuge en cas de guerre. Ce vieux château apparaît dans une transaction de 1508 en deux parties quasi ruinées, séparées par un espace libre où l'on doit construire une prison en forme de tour. Ce vieux château , certainement réaménagé par les Arcussia au fil des temps, compte une aile ouest datant du XVIème siècle
Dans la seconde moitié du XVIIIème siècle, il fut aménagé par les Lordoné. Si l'extérieur est très sobre, tous les efforts sont portés sur l'intérieur. Au rez-de-chaussée, les pièces de réception ; à l'étage, desservie par une galerie ornée des portraits des ancêtres, une série d'appartements avec leur chambre, leur cabinet, le bouge, la chambre ou domestique, le tout orné de gypseries. Ces aménagements dénotent une nouvelle conception de l'habitat à la recherche d'une plus grande intimité, d'une plus grande autonomie, sans rompre pourtant avec la coexistence nécessaire des générations. Cette coexistence est prévue dans les contrats de mariage. Le père de Louis François Antoine de Lordoné promet de loger et nourrir dans sa maison les futurs époux en payant annuellement à la demoiselle Allègre, 1200 livres pour ses habits et menus plaisirs, et 2000 livres à son fils. Le cas d'insupport est également prévu. Alors, la pension sera portée à 8000 livres. On vivra de façon très autonome, mais toujours sous le même toit. L'agencement de l'espace intérieur aces ses multiples appartements témoigne de la complexité de la structure de la famille qui reconstruit et habite le château d'Esparron.

Saint-Martin de Pallières

Village perché à 425 M d'altitude , Saint Martin de Pallières domine la vallées du Grand Vallat, tout comme ses voisins Esparron ou Artigues. Le village porte un petit air renaissance, mais les lieux sont occupés depuis bien plus longtemps, en effet on a retrouvé dans la grotte de la Glacière des ossements datés du néolithique.

Le village de Saint Martin de Pallières, site classé, se situe à l'abri du château, selon la configuration traditionnelle, avec comme édifice principal une église bâtie selon les plans de Pierre Puget, peintre, architecte et sculpteur, auteur de "Alexandre et Diogène", le plus grand bas-relief de l'histoire de la sculpture française.

Au dessus domine le fier château de Saint Martin de Pallières, un édifice du XIIe siècle, carré, massif, aux angles défendus de fortes tours rondes crénelées. En partie détruit pendant la révolution, il a été restauré sous l'Empire, mais l'on a préservé de splendides salles voûtés et une cuisine exceptionnelle. A noter qu'une porte datée de la Renaissance, qui servait autrefois d'entrée principale, a été déplacée sur la façade septentrionale.

De nos jours, seul se visite le parc à la française, aménagé en 1734, où l'on trouve une gigantesque citerne utilisée pour l'alimentation en eau. Composée de cinq nefs soutenues par seize piliers, elle pouvait contenir jusqu'à 28000 m3 d’eau.

             

Ginasservis

Ginasservis a toujours été un territoire privilégié de labours, d’élevage, de forêt et de chasse.
Au sommet de Montmajor se trouve un site gaulois fortifié, un oppidum. Les Romains ont établi des domaines, en dessous du village, à Saint-Antoine et à la Foux, en d’autre lieux peut-être.

Vers 970, les moines de Saint-Victor de Marseille ont fondé un prieuré à la Foux. A cette époque le village de Ginasservis a déjà un site fortifié et un seigneur ; l’un d’un est cité en 1031, un autre en 1113 sert d’otage pour son suzerain.
En 1175, d’autres prieurés existent aussi à Saint-Damase et Saint-Antoine.

L’histoire bien connue de Ginasservis commence vers 1240 quand ce territoire revient à l’Ordre des Chevaliers Hospitaliers d’Aix. Jusqu’en 1792 cet Ordre restera le seigneur du lieu. Il construit ici un important château fort où résidera souvent le Commandeur et dont il reste aujourd’hui quelques ruines. Ce château sera plusieurs fois délabré ; reconstruit une dernière fois au XVI
Les Hospitaliers bâtirent aussi une enceinte fortifiée à Saint-Antoine dans un domaine de plusieurs centaines d’hectares.

Quelques dates :
1308, important accord sur les prairies et canaux de la plaine de Valavès.
1319, réclamation des habitants avec leurs syndics pour la diminution des charges.
1484, réalisation du premier cadastre de Ginasservis.
1515, démolition du four à pain des villageois concurrent de celui du seigneur.
1554, les habitants ont le droit de construire un moulin mu par l’eau de la Foux.
1562, le dernier protestant de Ginasservis est massacré à saint Paul lez Durance.
1591, Ginasservis pris entre deux armées, celle du Duc de Savoie et celle d’Henri IV, doit fournir des hommes, des vivres et des cantonnements aux deux camps. Battu en avril à Esparron des pallières et en décembre à Vinon, le duc devra quitter la Provence.
1765, construction de la fontaine (actuelle du Plan) où l’eau est amenée grâce à 700 mètres de canalisations.
Après la révolution Ginasservis sera plusieurs fois chef-lieu de Canton.

Au XIXème siècle, la commune entre dans la vie moderne : école pour les garçons et les filles, service postal, amélioration des chemins, agrandissement du village autour de sa place…
Cependant Ginasservis garde longtemps ses activités traditionnelles : Passage de la Transhumance deux fois dans l‘année; chaque année la pratique de la « rusco » du chêne vert qui fournit charbon de bois et écorce pour le tannage…

 

Saint-Julien le Montagnier

L'histoire de Saint Julien le Montagnier est l'histoire de tous les petits villages perchés du Haut Var, avec au tout début la toute puissance d'un seigneur, bon ou mauvais, puis le redressement de l'esprit communal depuis le XVème siècle jusqu'à la révolution.
Saint Julien prit véritablement son essor avec et après le second empire et retrouva une dynamique nouvelle avec la descente du vieux village sur le hameau de Saint Pierre et surtout avec l'aménagement de la Basse vallée du Verdon. Il reste sur le piton un joyau de vieilles pierres et une église romane magnifique avec une vue sensationelle qui vaut à elle seule le déplacement.
Le hameau de Rouvières, un des trois plus importants de la commune de Saint Julien le Montagnier, se trouve presque aux confins EST de son territoire. Ce qui explique le choix de cette position c'est de se trouver à l'ouverture du Col, le seul, entre Vinon/Verdon et Quinson, par où l'ancienne voie royale de Barjols à Riez franchissait le Verdon sur un pont (pont d'Esparron du Verdon, aujourdh'ui sous les eaux). Au Moyen-Age, tout le commerce, entre ce qui forme aujourd'hui le canton de Riez et celui de Rians se faisait par cet unique passage.


Patrimoine


Chaque village du Verdon dévoile un peu de son histoire à travers tout un ensemble de petits édifices.
A qui sait regarder et s'attarder quelques minutes, la fontaine, le lavoir, les oratoires et les restanques (ces murets de pierre qui forment les terrasses cultivées) racontent les besoins et les croyances des habitants d'autrefois. Ils nous parlent du temps et du rythme des saisons, des fêtes annuelles et des travaux quotidiens qui rythmaient la vie des anciens.
S'il est souvent utilitaire, ce patrimoine discret n'est cependant pas dénué de fantaisie. Sa variété en fait la vrai richesse et participe à l'identité du village.

Le Vieux village
Les maisons sont de véritables jardins de pierre : des murs refaits, des ruelles caladées (pierrées), donnent un caractère typique et unique au vieux Saint Julien. On peut y observer les remparts médièvaux, dont le portail de Gourdane, du XIIe siècle, à l'extrémité ouest de la rue du portail vers les aires.

L'aire du bout du monde où l'on battait le blé : on peut y voir deux vieux moulins et la chapelle de l'Anonciade : retables, autel avec montants en bois sculptés. De là, la vue s'étend sur la plaine et sur le nouveau centre administratif et économique de Saint Pierre. Du chateau d'eau la table d'orientation en céramique et le panorama sur sept départements font du vieux village un passage obligé.

Fontaines et lavoirs
Dans toutes les régions, l'eau fut de tous temps la principale préoccupation des hommes. Si l'eau n'est pas rare dans les régions du Verdon, les longs étés secs mettent cependant à mal les sources et les cours d'eau. Tout le travail des hommes, toute leur imagination, leur savoir-faire se sont concentrés sur cette eau capricieuse. Pour la capter, la conduire, la garder, la distibuer.
L'eau raconte l'histoire des villages : de la source guidée jusqu'au village, par l'une de ces galeries souterraines que l'on appelle "mine d'eau", jusqu'aux jardins potagers individuels dont on répartit l'eau avec le souci du plus d'égalité possible.
En chemin, cette eau vitale traverse la fontaine, parfois véritable petit monument avant d'atteindre le lavoir, espace d'intimité et de féminité...
Au cours de vos balades, comme dans le village, les "sites d'eau" offrent toujours un moment de détente et de fraîcheur plus qu'appréciable en été.

Oratoires
A la croisée des chemins ou sur le bord des routes, à l'entrée des ponts ou le long des passages difficiles, les oratoires indiquent au passant et au voyageur le chemin à suivre. Autour des villages, ils forment un chapelet protecteur de petits sanctuaires, dédiés chacun à un saint. Si beaucoup ont disparus, victimes de la désaffection ou de l'élargissement des voies, ils sont encore nombreux à abriter l'éffigie de la ferveur sincère des Provencaux et il arrive encore aujourd'hui qu'une main anonyme les fleurisse.

Chapelles
Le territoire de la commune de Saint Julien le Montagnier est parsemé de petites chapelles rurales. Humble édifice ou monument classé, on ne recense pas moins de sept lieux de culte sur le territoire communal.
L'église romane, située dans le vieux village, ayant pour patron saint Julien, avec absidioles médiévales du XIe siècle, a été inscrite à l'inventaire du patrimoine des Monuments Historiques. La plus grande partie de l'église date du XIIe siècle. Un cancel (classé) du VIe siècle orne la porte d'entrée. Le maître autel en bois date du XVIIe siècle: le choeur est éclairé par un lanterneau carré coiffé d'un campanile de 1716. L'église renferme un retable.

 

La Verdière

L'histoire du village de La Verdière se confond avec l'histoire de son château pendant des siècles. Les archives du village témoignent des conflits qui ont opposé les familles seigneuriales à la population, une population qui arrache des droits en compensation de privilèges qu'elle juge exagérés. C'est ainsi que lorsqu'au XVème siècle, les Castellane, une des familles les plus puissantes du royaume, décident de faire des agrandissements du château, les habitants s'insurgent contre ces travaux qu'ils estiment d'agrément alors que des accords ne les contraignent qu'à des corvées d'entretien. Ils obtiennent donc du seigneur des droits de pâturage, de passage, de glanage...

L'histoire du château a donc fortement pesé sur la vie de la communauté villageoise qui ne s'en est jamais laissé conter, et ceci jusqu'à la révolution où une grande partie des biens seigneuriaux furent vendus comme biens nationaux à une population qui ne sut pas, en grande partie, garder ce qu'elle avait acquis peu cher et le revendit au Marquis de Forbin qui rentra dans ses droits après avoir apporté la preuve qu'il n'avait pas émigré. La commune, en revanche, sut garder les terres qui font encore aujourd'hui le patrimoine forestier de La Verdière.
Si Celtes, Gaulois, Gallo-Romains occupèrent, tour à tour, les collines de chênes verts et blancs en un habitat dispersé, les Verdièrois, jusqu'au XVème siècle, n'avaient que peu de liens avec ce donjon qui dominait le piton calcaire, emmuré derrière ses deux remparts imprenables. En effet, le donjon des Castellane n'abritait qu'une garnison, de 300 soldats au maximum, qui avait pour rôle de garder la route d'Italie à l'Espagne.

En 1256, quand les Castellane prennent le parti de Béatrice de Savoie contre Charles d'Anjou, le Comte de Provence leur confisquera les terres de La Verdière et les donnera aux Vintimille qui les garderont jusqu'à 1417.
La seigneurie reviendra aux Castellane qui la garderont jusqu'en 1613 par le legs de Philippe de Vintimille à son cousin germain des Catellane.
Par le mariage d'Aymare de Castellane et de Vincent Anne de Forbin, le château et les terres de La Verdière entrent, en 1789, dans la famille de Forbin. Après une interruption de 8 ans où le Marquis de Forbin dut prouver qu'il n'avait pas émigré, la seigneurie revint dans la famille jusqu'au milieu du XXème siècle.

Le village date du XVIème siècle ! Les guerres de religion qui ravageaient la région eurent pour conséquence un regroupement de la population inquiète pour sa sécurité qui se réfugia à l'intérieur des remparts et y construisit leurs maisons. De là, les maisons construites à l'à pic du piton calcaire, en arc de cercle autour d'un château qui est devenu, après les agrandissements, le lieu de résidence des Vintimille puis des Castellane.

D'une population de 2400 habitants en 1678, La Verdière passa à 940 habitants en 1896, et à moins de 500 à la fin du XXème siècle. Depuis quelques années, la population est en forte progression et atteint le niveau qui devait être le sien en 1876, à la différence qu'à cette époque-là, il y avait de nombreux commerçants, de nombreux artisans, un hôpital (une Charité et un hospice)...
Si le XXème siècle vit l'électrification, l'adduction d'eau, le tout à l'égout, il marqua l'assoupissement d'un village replié sur lui-même vivant surtout de la viticulture. L'urbanisation du début du XXIème siècle n'a pas encore réussi à lui donner l'élan d'une bourgade dynamique dont d'autres, mieux placés près d'un réseau routier ou ferroviaire, ont profité.
texte de Christian Laurans